Résultats de recherche
Search this site
25 résultats trouvés avec une recherche vide
- La grève est finie, mais la lutte continue
Plusieurs banderoles critiquant la gestion du RC Strasbourg ont été déployés par les ultras strasbourgeois, samedi 12 septembre, au stade de la Meinau, en marge de la rencontre face à l'AS Monaco, pour le compte de la 4ᵉ journée de Ligue 1. Les ultras demandent à la maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, de se pencher sur les dessous du projet BlueCo à Strasbourg. Photo : Benjamin Muller Même si la grève des encouragements des quinze premières quinze minutes de chaque rencontre est désormais de l'histoire ancienne, les ultras strasbourgeois n'ont pas pour autant cessé de lutter contre la multipropriété et leur propriétaire américain BlueCo. Plusieurs banderoles allant de ce sens ont été sorties par les UB90 en marge de la rencontre face à l'AS Monaco, samedi 12 septembre, au stade de la Meinau, lors de la 4e journée de Ligue 1. Un gigantesque tifo a d'abord été déployé par la tribune ouest, lors de l'entrée des joueurs sur la pelouse. Une toile en référence à l'amitié de longues dates entre les supporters strasbourgeois et ceux du Karlsruher SC (voir ci-dessous). Puis de premières banderoles sont apparues autour de la 25ᵉ minute, sur lesquelles on pouvait lire : "l'effectif change, le projet reste le même : le trading avant le Racing" ou encore "trading assumé, projet sportif ou financier ?" Un pic contre la direction accusée depuis le rachat du club en 2023 de privilégier un business model axé sur le développement de (très) jeunes joueurs avec l'objectif de réaliser une grosse plus-value sur un futur transfert. Tifo des UB90 en hommage au lien d'amitié avec les supporters du Karlsruher SC. Photo : Benjamin Muller Les premières banderoles sorties par les associations de supporters dénonçant la gestion du RC Strasbourg. Photo : Benjamin Muller "16 arrivées, 21 départs, Guy, ferme la porte !" Les UB90 remettent également en question le projet du club après un mercato d'été dès plus agité. Ce dernier a été marqué par les départs de nombreux cadres comme ceux de Moreira à l'AC Milan, Guéla Doué au Bayer Leverkusen, Barco à Chelsea ou encore Enciso à Ipswich, mais aussi par une grande vague de départs et d'arrivées. Et les ultras n'ont pas hésité à rappeler les chiffres de cette fenêtre estivale de transferts avec de nouvelles banderoles en fin de match : "16 arrivées, 21 départs, Guy ferme la porte !" Pour rappel : près de 100 millions d'euros ont été dépensés pour des ventes qui atteignent, elles, 200 millions d'euros. Une balance positive de 100 millions d'euros donc. L'expression "Guy ferme la porte !" Une référence au discours du président Marc Keller, en avril 2023, alors que le Racing luttait pour le maintien. Marc Keller avait alors prononcé "Guy, ouvre la porte !" Une phrase devenue célèbre sur les bords du Krimmeri, qui cite le team manager historique du club en poste depuis 1998, Guy Feigenbrugel, invitant les joueurs qui ne se sentaient pas prêts à se battre pour l'équipe à quitter la pièce. Personne ne s'était levé et dirigé vers la sortie à l'époque, mais force est de constater que Guy a effectivement peut-être oublié d'enlever le cale-porte. Et les courants d'airs commencent à être de plus en plus fréquents. Banderoles des UB90 ironisant sur le mercato agité du RC Strasbourg. Photo : Muller Benjamin Banderoles et lettre ouverte à Catherine Trautmann D'autres messages ont été délivrés lors de la rencontre. La bannière rouge "non à la multipropriété", déjà connue de tous et mis en avant lors de chaque rencontre depuis de nombreux mois, a été déployée. Mais aussi une banderole à l'attention de la maire de Strasbourg, Catherine Trautmann : "Mme la maire, 160 millions d'euros pour un stade sous censure, Strasbourg : capitale européenne démocratique ?" La saison dernière, chaque étendard et fanion des ultras était systématiquement contrôlé et interdit par la direction. Une décision prise à la suite de banderoles demandant la démission du président Mark Keller, en septembre 2025. Un peu plus tôt dans la semaine, jeudi 10 septembre pour être exact, les quatre principales associations des supporters (UB90, KCB, Fédération des supporters et Pariser Section) avaient adressé une lettre ouverte à Catherine Trautmann, également présidente de l'Eurométropole. Dans cette lettre, elles demandent une médiation avec Behdad Eghbali, dirigeant de BlueCo, le groupe américain propriétaire du club. Il est d'ailleurs bon de rappeler que ces dernières n’auront obtenu qu’une seule entrevue de quelques minutes un jour de match en avril 2025, en trois ans... Elles mentionnent aussi que les « deux collectivités ont financé l’essentiel de la rénovation du stade de la Meinau, à hauteur de 160 millions d’euros d’argent public ». Suffisant pour les associations concernant sa « légitimité à intervenir sur la gouvernance du club ». La principale concernée par ces mots n'a pas encore réagi publiquement. Banderole des ultras strasbourgeois contre le système de multipropriété dans le football. Photo : Muller Benjamin
- Zinédine Zidane, l'évidence même
Lors d'une conférence de presse d'intronisation, mardi 28 juillet, au siège de la FFF, Zinédine Zidane a officiellement été nommé sélectionneur de l'équipe de France pour les quatre prochaines années. Zinédine Zidane devient le nouveau sélectionneur de l'équipe de France. Vingt ans s'est écoulé depuis son départ. Celui de l'équipe de France, et par la même occasion du rectangle vert. C'était en 2006, lors d'un soir d'été à Berlin, en finale d'une Coupe du monde face à l'Italie, quelques instants après son expulsion pour un coup de tête sur Materrazi. La légende du football français, celui qui nous avait amené sur le toit du monde huit ans plus tôt, raccrochait alors les crampons. Vingt ans plus tard, le 28 juillet 2026, il fait son retour. Dans l'auditorium de la Fédération, Zinédine Zidane a été officialisé en tant que nouveau sélectionneur de l'équipe de France. Après quatorze années sous l'ère Deschamps, ce dernier a décidé qu'il était venu le temps de partir et laisser l'histoire être écrite par quelqu'un d'autre. Et cette personne ne pouvait que Zizou. Lui, qui a souvent évoqué cette envie d'occuper ce poste un jour dans sa vie, vient de parapher un contrat qui le lie pour les quatre prochaines années à la FFF. "Ça ne se voit pas, mais je suis très excité" Ses premiers mots, il a tenu à les adresser aux pompiers et à tous ceux qui luttent pour parvenir à éteindre le mégafeu en Gironde. D'un ton sérieux et un brin ému, il a apporté un message de soutiens aux victimes de ces flammes qui ont englouti plus de 40 000 hectares, déplacés près de 220 000 personnes et détruits d'innombrables maisons sur leurs passages. Puis est venu le temps des questions. Face à 120 journalistes et photographes (jamais une nomination n'avait attiré autant de monde), ZZ a eu du mal à cacher son émotion malgré la grande sérénité qu'on lui connait. "Ça ne se voit pas, mais je suis très excité » lance-t-il, d'un stoïcisme corporel propre à lui. À la question de savoir si c'est le plus beau jour de sa vie d'entraineur, le principal intéressé s'est empressé de répondre, coupant légèrement la parole avec un grand sourire aux lèvres. "Ouais, c'est ce que je voulais faire. J'ai connu l'équipe de France minimes. En 1998, ç'a été la plus belle chose qui me soit arrivée, avec les copains de 1998, grâce à Aimé (Jacquet, sélectionneur en 1998). J'ai passé ces 4-5 années à attendre ce jour-là. Je suis ému, je suis tout excité, c'est quelque chose de fort pour moi, je suis heureux." Il était perceptible de ressentir dans ses différentes prises de paroles toute la fierté de prendre les rênes de la sélection. Un objectif, un rêve qu'il avait en tête depuis longtemps, déjà lors de l'intronisation de Didier Deschamps en 2012. Le natif de Marseille a dû prendre son mal en patience et en a profité pour développer sa tactique lors de ses passages sur le banc du Réal Madrid entre 2016 et 2018 puis entre 2019 et 2021. À la clé notamment deux titres de champion d'Espagne et surtout trois Ligue des champions. "Ce qui m'anime, c'est de marquer des buts" Aujourd'hui, il savoure pleinement sa nomination. "C'est une joie immense. Je suis heureux de ce qui m'arrive aujourd'hui, je n'ai pas d'autre mot. Je suis contenu, j'ai plein d'émotions en moi. Je suis prêt pour relever le défi. J'ai eu des propositions pendant cinq ans pour reprendre un club et je les ai toutes refusées pour la France, car c'est la seule chose que je voulais faire après ma carrière." Si son bonheur de devenir sélectionneur de l'équipe de France était lisible sur son visage. Il n'en a pas été de même sur ce qu'il compte mettre en place tactiquement. Sur ce dossier-là, Zidane n'a pas été aussi loquace, et à préférer un laconisme pour s'exprimer sur cet aspect. "Le style, vous allez le voir bientôt. On aura le temps de penser à tout ça" rétorque-t-il. Seules miettes à se mettre sous la dent : l'évocation d'un style de jeu tourné vers l'offensif. "Je suis animé par le jeu. J'ai été un numéro 10, ce qui m'anime, c'est de marquer des buts, il faut un équilibre bien sûr. J'ai vécu vingt-cinq ans en Espagne, vous savez ce que ça veut dire. Sur le terrain, j'étais un leader de terrain, je serai un leader par ce que j'ai fait. Je ne peux pas vous expliquer en deux mots comme ça. On a des joueurs extraordinaires. Ce n'est rien. Il faut que je leur explique mon projet de jeu, ce sera à moi à continuer à gagner Un staff qui reste encore à établir Pas de grandes révélations sur le style de jeu donc, pour celui qui doit encore finir de composer son futur staff avant le prochain rassemblement, fin septembre. Plusieurs noms circulent déjà, bien que rien ne soit encore officiel. David Bettoni (54 ans), son allié de toujours, sera son adjoint principal. Hamidou Msaidie, un autre adjoint de Zinédine Zidane au Réal Madrid, sera à nouveau son second assistant en équipe de France. Fabien Barthez devrait devenir le prochain entraineur des gardiens, tandis qu'Hervé Collado, médecin marseillais spécialisé en traumatologie, travaille en collaboration avec ZZ pour établir une nouvelle équipe médicale, notamment de kinés et ostéos. Après sa première conférence de presse en tant que sélectionneur, Zizou est allé à la rencontre de la foule d'une centaine de personnes à l'extérieur du bâtiment. L'occasion de saluer pour la première fois le peuple français et de s'adonner à la signature d'autographes. Il démarre désormais une nouvelle vie, celle qu'il a tant rêvée avec le regard déjà tourné sur les prochaines échéances. "Il y aura quatre matches au mois de septembre. Pratiquement trois semaines avec les joueurs. Premier objectif, la Turquie en Turquie. Il faut continuer à faire rêver les supporters : l'équipe de France fait rêver ; elle fait rêver quand elle gagne, je vais essayer de tout faire pour essayer d'emprunter ce même chemin..."
- Un succès et puis s'en va
En déplacement au Roazhon Park, l'Olympique de Marseille enchaine avec une troisième défaite consécutive en Ligue 1, face à Rennes (1-0). Un résultat qui plonge le club phocéen dans une crise sportive, en plus d'une crise financière, à quelques jours de leur rentrée en coupe d'Europe. Timothy Weah et Pierre-Emile Højbjerg face au rennais, Al-Tamari. (Photo Nicolas Créach) Quelle paraît déjà bien loin, pour les Marseillais, cette victoire au Vélodrome contre Strasbourg (4-0), en ouverture du championnat, le 21 août dernier. À cette époque, l’espoir d’une fin de mercato agitée était encore espéré par tous, et notamment par l’ensemble des supporters. Ces derniers attendant en vain l’arrivée de plusieurs joueurs afin de renforcer l’équipe, engagée sur trois compétitions différentes cette saison (Ligue 1, Coupe de France et Ligue Europa). Mais la situation financière est si catastrophique que l’Olympique de Marseille se retrouve dans l’incapacité totale de recruter sans la vente de certains éléments aux émoluments astronomiques. Un espoir d'ailleurs très vite balayé par le coach marseillais, Bruno Genesio, au micro de Ligue 1+ après la victoire face au Racing. « On doit baisser une masse salariale. Tant que ça ne sera pas fait, on ne pourra pas recruter. Cela peut être trois, quatre, cinq joueurs. » Avant de rajouter en conférence de presse : « Il y a une réalité économique qui nous pénalise. J’espère qu’on aura un groupe compétitif le 1ᵉʳ septembre. » Des défaites qui montrent les limites de l'équipe Trois semaines plus tard, personne n’est arrivé et les coéquipiers de Timothy Weah enchaînent avec une troisième défaite de suite en Ligue 1, la troisième depuis le succès face à Strasbourg. Défaits à Monaco (2-0) dans un match aux antipodes de leur prestation face aux Strasbourgeois une semaine plus tôt, les Marseillais ont ensuite à nouveau perdu face au Paris FC, à domicile, en ayant subi la fureur offensive de Sinayoko, auteur d’un triplé. Et viennent à nouveau de s’incliner, à Rennes (1-0) cette fois-ci. Des défaites qui passent mal, d’autant qu’elles montrent plus que jamais les limites de l’effectif actuel et ne vont pas dans le sens de Bruno Genesio souhaitant une équipe compétitive. Transferts surpayés, projet sportif instable et manque d'investissements dans la formation Alors que le mois de septembre n’en est qu’à sa moitié, Marseille semble déjà payer le prix fort d’une gestion calamiteuse de la part de l’ancienne direction, avec Pablo Longoria, ex-président, en tête de gondole. Transferts surpayés et arrangements avec des amis agents entre autres, projet sportif instable avec un va-et-vient incessant à chaque mercato, manque d’investissement dans la formation des jeunes, aujourd’hui le club paraît déjà démuni sportivement, sans véritable solution lorsque les titulaires sont remplacés. Le onze des titulaires n’ayant quasiment pas changé depuis le match face à Strasbourg (Kondongbia est blessé, Timber vendu à Crystal Palace, Balerdi est parti en prêt à l’AS Roma). Déjà un grand tournant à venir... Alors que la première échéance européenne arrive jeudi prochain avec un déplacement au Tüpraş Stadium de Besiktas. Sans oublier le Classique face au PSG, au Vélodrome, le week-end prochain. Marseille arrive déjà dans un premier grand tournant de sa saison. Les deux prochains résultats définiront sans doute les vrais objectifs que devront se fixer les Phocéens pour les prochains mois, car il est presque certain que cette équipe ne pourra pas tenir la longueur d’une saison à près de cinquante matchs toutes compétitions confondues. Ils devront faire des choix et mettre de côté une voire deux compétitions, puisque que même avec toute la bonne volonté et l’engagement des joueurs, les limites physiques du corps humain ramèneront chacun à une réalité qui sera dure à encaisser. Il faudra dès lors se concentrer sur la compétition qui rapportera le plus aux Olympiens afin de rééquilibrer les finances sur le long, mais surtout et avant tout le court terme afin que le Vélodrome continue de rugir en Ligue 1.
- Strasbourg puissance 6
En déplacement dans l'Aube pour défier l'ESTAC, ce dimanche, le Racing Club de Strasbourg s'est imposé largement (6-2) et signe une deuxième victoire d'affilée en Ligue 1. Un succès historique avec une première victoire par six buts au XXIe siècle pour les Alsaciens. D'une efficacité remarquable, le Racing s'impose largement à Troyes (6-2). © AFP - Francois LO PRESTI Après son succès à domicile contre Lens (2-1), le Racing se déplaçait sur la pelouse de l’ESTAC pour la troisième journée du championnat avec comme objectif de confirmer sa bonne prestation du week-end dernier. Et on peut dire que c’est chose faite. Une victoire historique sur le score de six buts à deux, car c’est la première fois que Strasbourg inscrit autant de buts dans un match au XXIe siècle. Il faut remonter au 26 février 1993 et une rencontre contre Nîmes pour retrouver la dernière victoire des Alsaciens par six buts (6-2). Marc Keller, Cobos, Keshi, Baills ou encore Ivan Hasek faisaient partie des buteurs. Une performance qui permet aux hommes d’Oliveira de devenir provisoirement la meilleure attaque de Ligue 1 et de venir se positionner à la 4ᵉ place. Mais surtout de venir mettre fin à 25 ans de disette au stade de l’Aube, le dernier succès là-bas remontait à la saison 2000-2001 avec un but de Teddy Bertin. Après une prépa catastrophique sans aucune victoire, un effectif totalement chamboulé avec une vingtaine de départs pour quasiment autant d’arrivées, ceci jusque dans les ultimes instants du mercato, et une déroute sur la pelouse du Vélodrome en ouverture du championnat (4-0), ces deux victoires d’affilée permettent de rassurer les joueurs, le staff, la direction et sûrement beaucoup de supporters également. Des attaquants efficaces Pourtant, ce sont bien les Troyens, par l’intermédiaire d’Antoine Mille, qui ont ouvert le score. Lâché du marquage et seul au point de pénalty, le milieu de terrain est venu ajuster Jorgensen (9ᵉ), après un énorme travail côté gauche d’Ouzenadji. Dominant dans le jeu, les Alsaciens ont tout d’abord manqué de créativité et de réalisme, et auraient pu complètement déjouer sans un nouvel arrêt de Filip Jorgensen sur sa ligne devant Adrien Monfray (19ᵉ). Mais peu avant la mi-temps, sur un superbe mouvement collectif initié par une transversale sublime de Nanasi sur Gessime Yassine, Jacobo Ortega, l’ancien attaquant du Réal Madrid arrivé cet été, remet les deux équipes à égalité (40ᵉ), bien trouvé par l’international marocain. Avant que Diogo Sousa vienne donner l’avantage aux Bleus dans la foulée (42ᵉ). Face au déclin physique des Troyens au fur et à mesure que les minutes passaient, les joueurs du Racing ont saisi les opportunités de venir alourdir la note. À l’heure de jeu, Giovanni Reyna, d’une frappe au sol chanceuse puisque contrée, vient tromper Patrick Beach parti à l’opposé de la trajectoire finale de la balle et inscrit le troisième but strasbourgeois. C’est ensuite au tour d’Amo-Ameyaw, qui a remplacé Nanasi (62ᵉ), de venir participer à la fête avec un doublé (85ᵉ, 88ᵉ). Avant que Conrad Harder, coupable d’avoir oublié de servir Amo-Ameyaw lors d’un deux contre un un peu plus tôt, vienne clôturer le festival offensif alsacien (90+3). Le Douaron réduira le score côté troyen sur le gong (90+6). Cette victoire permet au Racing Club de Strasbourg de rattraper son goal average en passant de -3 avant la rencontre à +1 à l’issue de ce dimanche après-midi. Les débuts d'Essugo À noter la première sous le maillot strasbourgeois de Dario Essugo, prêté par Chelsea. Rentré à l’heure de jeu à la place de Reyna, il s’est positionné un peu plus bas sur le terrain que l’Américain avec un style proche du box-to-box. Le jeune milieu portugais a réalisé une entrée en jeu remarquée par sa présence physique dans les duels. Puissant et athlétique, son profil diffère de ses coéquipiers à son poste et offre à son coach Hugo Oliveira une nouvelle possibilité dans un secteur en reconstruction après le départ entre de Barco et la suspension d’El Mourabet (il sera de retour le week-end prochain). Samedi prochain, le Racing recevra Monaco au stade de la Meinau à 17h15. L’équipe de la principauté est invaincue avec cinq victoires en autant de matchs toutes compétitions confondues cette saison, et sort d’un succès face au PSG (2-1), double champion d’Europe en titre. Ce sera l’occasion pour les coéquipiers d’Ismaël Doukouré, qui sera le capitaine cette saison, de se tester face à une équipe européenne en pleine bourre et de faire la passe de trois. Une façon aussi de voir si cette (très) jeune équipe strasbourgeoise peut espérer se mêler à la bataille du top 6 et espérer retrouver l’Europe dès l’an prochain. Les notes du Racing :
- La Roja a sauvé le football
La sélection emmenée par Luis de la Fuente s'est offert un second sacre mondial, dimanche 19 juillet, au Met Life Stadium de New York. Un triomphe amplement mérité pour l'équipe la plus séduisante dans le jeu dans cette Coupe du monde. Les Espagnols ont dû longuement batailler face à une sélection argentine qui a refusé le jeu durant toute la rencontre. Rodri soulève le trophée de la Coupe du monde ce dimanche 19 juillet, au MetLife Stadium dans le New Jersey. Crédit : Carl Recine / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP Il arrive que par moments, la magie du football opère et récompense la plus belle équipe sur le terrain. Et c'est ce qui est arrivé lors de la finale de la Coupe du monde, dimanche 19 juillet, au Met Life Stadium de New York. Au bout d'un parcours sans quasiment aucun faux pas, en dehors du match nul contre le Cap-Vert (0-0), certains attribueront ce léger accro au temps d'adaptation nécessaire pour se mettre au niveau d'un mondial. L'Espagne est à nouveau sur le toit du monde. Une victoire face à l'Argentine (1-0) arrachée en prolongations et les revoilà "campeones del mundo". Et pour accéder au trône du roi, la Roja a fait briller le collectif. Pas celui qui consiste à tout donner pour la gloire d'un seul, ni celui de défendre son pote dans une rixe qu'il a lui-même lancée. Mais bien celui qui élève ce sport au rang d'art. Cette deuxième étoile sur leur maillot arrive après seize années durant lesquelles la sélection espagnole aura vécu d'autres moments de gloire, mais aussi d'énormes désillusions. Si ces derniers ont remporté deux fois l'Euro entre-temps, un gros passage à vide a eu lieu notamment lors des Coupes du monde. En 2014, alors qu'ils étaient champions du monde en titre, les hommes de Vicente del Bosque se font sortir dès la phase de groupes en terminant 3ᵉ. Quatre ans plus tard, la Russie crée la surprise en les éliminant dès les huitièmes de finale. Lors du mondial 2022, bis repetita, l'Espagne de Luis Enrique se fait encore éliminer en huitièmes, mais par le Maroc, surprise de la compétition qui se hissera jusqu'en demi-finale et terminera 4e. Une Albiceleste impuissante Dimanche soir, il a fallu attendre une frappe sous la barre de Ferran Torres (106ᵉ), à la suite d'une somptueuse et intelligente remise de la tête de Nico Williams au point de penalty, pour voir les Espagnols prendre enfin les devants. Une victoire amplement méritée, et c'est un euphémisme tant la Roja a dominé les débats du début du match jusqu'au coup de sifflet final de M. Vinčić. 68 % de possession de balle, 20 tirs dont 11 cadrés, 803 passes (contre 445 pour l'Argentine). Une domination à sens unique : l'Espagne a surclassé les coéquipiers de Lionel Messi dans quasiment chaque domaine. Excepté un seul. Impuissante, l'Albiceleste s'en est remise à ce qu'elle sait le mieux faire : des fautes et de l'anti-jeu. Même lors d'une finale de Coupe du monde, ils ne dérogent pas à la règle. Un style de jeu rugueux, dangereux et antisportif. C'est donc ça la grinta sud-américaine ? On peut dire que c'est une vision du football quelque peu étrange. L'arbitre aura d'ailleurs mis du temps à réprimander les exactions argentines. Le carton rouge reçu par Enzo Fernández (93ᵉ), complètement en retard sur Laporte, arrive très tardivement. Un premier carton rouge aurait dû être donné beaucoup plus tôt. Entré au début du second acte, Leandro Paredes est venu essuyer sa semelle sur le mollet de Lamine Yamal (52ᵉ). Mais puisque les Argentins semblaient avoir en leur possession le collier d'immunité, le numéro 5 de l'Albiceleste s'en sort avec un simple carton jaune. Mais retenez que l'histoire fait bien les choses puisque l'ancien Parisien a été exclu quelques instants après la fin du match. À la suite d'une échauffourée démarrée par les Sud-Américains, Paredes est venu étrangler Eric García, avant de s'en prendre violemment à Gavi. Lamentable. Aucun tir argentin en 90' : une première dans une finale de Coupe du monde Il faut dire que la frustration des Argentins devait être immense après avoir livré la pire prestation qu'une équipe puisse réaliser en finale d'un mondial. À travers leurs comportements abjects et absolument anti-football, ces derniers semblent en avoir oublié la manière de jouer lorsqu'ils ont le ballon en leur possession. C'est la première fois de l'histoire d'une finale de Coupe du monde qu'une équipe ne tire pas au but pendant 90 minutes. Pire que ça. Il a fallu attendre la 110ᵉ minute de jeu pour ENFIN voir une frappe sur le but d'Unai Simón. Et encore. Sur les deux seules et uniques tentatives argentines, aucune n'a été cadrée... La copie rendue par l'Argentine lors de cette finale est une honte absolue et une insulte au football. Heureusement que la finalité de cette Coupe du monde profite au sacre espagnol. La note finale de ce mondial y est plus positive. Un peu comme si on venait mettre une cerise fraîchement cueillie sur un énorme gâteau pourri. Car, si l'on doit résumer, entre l'affaire Balogun, les problèmes de visas, l'empreinte carbone générée durant le mois de compétition, les conditions d'accueil de la sélection iranienne ou encore le renvoi de l'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan avant même le début de la Coupe du monde, on pourrait croire que Donald Trump et Gianni Infantino se battaient pour remporter le prix de la pire organisation d'un tel événement international. L'Espagne a sauvé le football.
- Un mondial déjà historique
ANALYSE. Dans trois jours, la Coupe du monde 2026 débutera. Elle aura lieu du 11 juin au 19 juillet au Canada, au Mexique et aux États-Unis. Une édition qui s’annonce historique sur le plan sportif et désastreuse en dehors des terrains, en raison de la politique menée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. Tiki-Taka vous explique pourquoi. Le trophée de la Coupe du monde FIFA Ça y est, nous y sommes. Un peu moins de quatre longues années d’attente, et dans quelques heures, ce sera le début des festivités. 1291 jours après la victoire de l’Argentine face à la France lors du Mondial au Qatar, en 2022, la Coupe du monde est de retour dans un format inédit. Une édition qui restera à jamais gravée dans l’histoire pour plusieurs raisons. Du 11 juin au 19 juillet, ce sont 48 nations, et non plus 32, qui vont s’affronter, au Canada, au Mexique, mais surtout aux États-Unis, pour décrocher le Graal, une première dans l’histoire de la compétition. Qui succédera à l’Albiceleste ? Seul le futur nous le dira. En revanche, plusieurs équipes prennent des allures de favoris. À commencer par les hommes de Didier Deschamps. Vainqueur en 2018 et finaliste malheureux en 2022, l’équipe de France arrive sur le continent américain en tant que numéro un au classement FIFA (avant la défaite en amical face à la Côte d’Ivoire jeudi 4 juin, les faisant passer troisième derrière les Argentins et Espagnols). Et notamment avec des joueurs en pleine confiance comme Barcola, Zaïre-Emery, Désiré Doué, récents vainqueurs de la Ligue des champions avec le PSG. Sans oublier Ousmane Dembélé, Ballon d’Or. Il y a aussi Mbappé, qui a fini meilleur buteur en Liga, et Michael Olise avec ses 22 buts et 26 passes décisives en 52 matchs avec le Bayern Munich cette saison. Sur le papier, tout semble écrit pour offrir à DD une dernière danse sur le toit du monde. Mais prendre le récit dans ce sens serait un acte de négligence vis-à-vis des autres nations. La recette magique de Luis de la Fuente De l’autre côté des Pyrénées, entre 2012 et 2024, la Roja est tombée dans le creux de la vague. Des éliminations prématurées, un jeu de possession à dormir debout, clairement l’Espagne n’avait plus rien d’imprévisible. Mais c’était sans compter sur l’émergence d’un jeune ailier droit, gaucher, formé au FC Barcelone (et non, je ne parle pas de Messi) qui allait redonner un élan offensif, surfant sur la nouvelle vague espagnole avec son équipe. Il est bien sûr question de Lamine Yamal. Vainqueur du dernier Euro, en 2024, face aux Anglais sur le score de deux buts à un. Les hommes de Luis de la Fuente poursuivent leur montée en puissance depuis ce sacre. Qualifiés depuis le 18 novembre 2025 pour la prochaine Coupe du monde, les Espagnols ont réalisé un sans-faute lors des éliminatoires en finissant premiers du groupe E. Avec cinq victoires et un match nul en six matchs, mais surtout vingt-et-un buts inscrits pour seulement deux buts encaissés, les coéquipiers de Yamal ont surclassé leur poule. De larges succès tels que 6-0 lors de leur déplacement en Turquie lors de la deuxième journée ou deux fois 4-0 face à la Bulgarie et en Géorgie. Une domination qui renforce davantage leur statut de favori de la compétition. La Roja lors de leur sacre à l'Euro en 2024 Le style de jeu mis en place par le coach de 64 ans, en poste depuis 2022, rappelle les grandes heures du football espagnol lors des années 2010. Tout en ayant réinventé à sa sauce l'iconique tiki-taka. Plus de verticalité, pressing haut, transitions rapides articulées autour d’une possession du ballon et de passes courtes. La recette magique de Luis de la Fuente a comme base de préparation un 4-3-3, permettant d’avoir un milieu dense pour contrôler la balle et des ailiers qui étirent les lignes de la défense adverse. Un système bien huilé qui pourrait permettre à l’Espagne d’ajouter une seconde étoile sur leur maillot. La fin d’une ère D’autres nations enfilent aussi ce t-shirt de favoris. Notamment outre-Manche, les Three Lions pourront s’appuyer sur le meilleur buteur du monde en la personne de Harry Kane (66 buts en 56 matchs TCC cette saison) ou sur Declan Rice, un des meilleurs milieux de terrain sur les derniers mois, qui vient de remporter la Premier League avec Arsenal. Messi disputera ses dernièrs matchs avec l'Argentine cet été Pour le Brésil, le Portugal ou l’Argentine, bien que faisant partie des favoris, une autre donnée rentre en compte. Celle de la fin de leur icône, de leur légende, de leur Dieu. Neymar, Cristiano Ronaldo et Lionel Messi s’apprêtent à jouer leur dernier mondial. Il sonne la fin d’une ère et le commencement d’autre chose, qui sera forcément différent et dont la nostalgie fera sa place dans la case des émotions futures. Cette fin de cycle rajoute un poids à chacune des nations concernées : celui de porter ces joueurs dans leur ultime challenge international en les emmenant au sommet de l’Olympe du football. Ce sera aussi la dernière Coupe du monde d’autres légendes de ce sport, que ce soit de façon générale ou plus centrée sur le mondial lui-même. Guillermo Ochoa (sixième mondial en 2026), Luka Modric, Manuel Neuer, Fernando Muslera, Sadio Mané, Ivan Perisic ou encore James Rodriguez sont autant de noms que l’on ne reverra plus dans quatre ans. Voire déjà dans le premier rassemblement post-mondial de leur pays respectif. Des nations attendues au tournant Cette “World Cup” restera aussi à jamais gravée dans les mémoires de plusieurs pays. Forts d’une première qualification pour un mondial, la Jordanie, le Cap-Vert, l’Ouzbékistan et le Curaçao se rendent en Amérique avec le devoir presque déjà accompli. Mais sachant que le football est imprévisible et offre de temps à autre de si belles histoires, il faudra suivre le parcours de ces néo-mondialistes. Qui sait ce que peut nous réserver une nation qui vient jouer sans complexe, avec comme seul mantra de rendre fier un pays qui écrit déjà l’une des plus belles pages de son histoire sportive. Certaines équipes sont quant à elles attendues au tournant. C’est le cas du Maroc, vainqueur de la dernière CAN sur tapis vert, qui arrive en Amérique avec le statut de dernier demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Une montée en puissance des Lions de l’Atlas, qui comptaient sur la Coupe d’Afrique à domicile en janvier dernier pour poursuivre leur marche en avant. Sauf que cette dernière a plutôt engendré de grands remous suite à la victoire du Sénégal. Champion après avoir quitté le terrain de longues minutes pour protester contre la décision arbitrale d’accorder un penalty au Maroc dans les ultimes instants de la rencontre. S'en est suivie la démission du sélectionneur Walid Regragui, le 5 mars dernier. Remplacé depuis par Mohamed Ouahbi, ancien coach des U20 du Maroc. Le Curaçao va participier à sa première Coupe du monde Pour rester sur le continent africain, l’Algérie aussi est attendue après la liste très controversée (dévoilée après l’arrivée des joueurs au pays) pour le mondial de Petkovic. L’opinion publique se demande pourquoi certains joueurs ont été sélectionnés au détriment d’autres, qui pourtant auraient mérité d’être sélectionnés par leurs performances en club. Passe-droits et copinages n’ont pas empêché les Fennecs de remporter leur match amical face aux Pays-Bas, grâce à une splendide frappe enroulée pied gauche d’Anis Hadj Moussa. Le Japon, malgré une élimination en huitième de finale face à la Croatie aux tirs au but, faisait partie des bonnes surprises du dernier mondial. Un style de jeu attractif articulé autour d’une discipline tactique poussée à son paroxysme, un pressing très fort et une volonté de vouloir chercher haut l’adversaire font la force de cette équipe. Les Samouraïs Bleus veulent enfin prouver qu’ils font partie des meilleures équipes de football au monde. Mais sauront-ils proscrire leurs défauts en étant plus rigoureux défensivement, et en essayant de temporiser un peu plus le jeu face au bloc bas ? Trump utilise le sport comme “soft power” Sortons du prisme de la performance sportive. Il est l’heure des à-côtés. La Coupe du monde est d’ordinaire une grande fête populaire, un événement autour duquel les gens se rassemblent et partagent des moments de vie inoubliables. Le pays hôte met généralement entre parenthèses ses soucis quotidiens et se laisse porter par l’effervescence présente durant le mois de compétition. Et c’est ce qui commençait, semblait-il, à se profiler aux États-Unis, avant le retour de Donald Trump à la présidence du pays, le 20 janvier 2025. Depuis qu’il a remis ses pieds sous le bureau ovale de la Maison-Blanche, Donald Trump et sa politique orchestrée tant sur le plan intérieur qu’à l’international secoue le monde entier, au point de braquer tous les regards sur ce dernier. Un symbole d’égocentrisme, voulant faire de sa personne un soi-disant maître du monde. Au-delà d’être un point de rencontre entre toutes les problématiques soulevées par les agissements de l’administration Trump depuis plus d’un an : lutte contre l’immigration et le narcotrafic, tentatives de résolution de conflits, guerre lancée contre l’Iran. La prochaine Coupe du monde au Mexique, au Canada, mais surtout aux États-Unis, où se joueront 78 des 104 matchs prévus, agit de sorte à maintenir une certaine image de Trump. Il a compris qu’il pouvait utiliser la scène sportive comme “soft power” afin de marquer un peu plus son empreinte et montrer la puissance que sont les États-Unis. La "bromance" entre Infantino et Trump Et cela devient d’autant plus facile lorsque le président de la FIFA, Gianni Infantino, “spectateur impuissant des préparatifs d’un événement dont il est pourtant censé assurer la bonne tenue”, lui accorde toute la reconnaissance et la liberté d’action nécessaires que s’approprie volontiers, et sans demander, Donald Trump pour mener à bien ses idéaux. Le premier “prix de la paix FIFA” remis à ce dernier, le 5 décembre 2025, n’est que la matérialisation de tout un écosystème politique visant à ériger Donald Trump en héros mondial. Et une manière aussi pour Gianni Infantino de “s’attirer les bonnes grâces de celui qui rêve de devenir un jour prix Nobel” selon Stéphane Lauer, éditorialiste au Monde. Le président de la FIFA ayant même tenté de provoquer une poignée de main entre le dirigeant sportif israélien, Basim Sheikh Suliman, et celui palestinien, Jibril Rajoub, fin avril. Lui qui assure pourtant ne pas faire de la politique. Sa présence aux côtés de Donald Trump lors du sommet de la paix au Proche-Orient à Charm El-Cheikh, en Égypte, en octobre 2025, témoigne de tout l'inverse, dans une relation de "bromance" qui s'installe également de plus en plus entre les deux personnages. Gianni Infantino remettant le premier "prix de la paix FIFA" à Donald Trump Machiavel, comme le surnomme certains, a loué de nombreuses fois le Mondial “le plus inclusif de l’histoire”. Suffisant pour justifier la marginalsation des questions écologiques ? Puisque cette Coupe du monde sera probablement la plus polluante de l’histoire. "La Coupe du monde de football qui commencera en juin et fera le bonheur de milliards de téléspectateurs à travers le monde, devrait produire environ 9 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre", rapporte Yale Climate Connections. Le double des dernières éditions. Des signaux "au rouge" selon Human Rights Watch Il semble apporté également peu d’importance à la politique migratoire répressive de Trump et à la présence de l’ICE dans les villes hôtes. Pour rappel, selon un document interne cité par CBS News, l’ICE a procédé à près de 400 000 arrestations (arbitraires ?) entre le 21 janvier 2025 et le 31 janvier 2026, dont moins de 14% seraient liés à des crimes violents. De nombreux témoignages de supporters étrangers ou résidents américains aux origines notamment latines font par de l'angoisse à l'idée d'aller regarder un match de Coupe du monde de leur pays, par peur de se faire arrêter à la sortie du stade, ou en se promenant dans la ville la journée par exemple. Le choix a été radical pour d'autres qui ont décidés de tout simplement ne pas se rendre au stade, à leur grand désarroi. La question liée aux restrictions des visas n'a pas l'air, non plus, de faire partie de sa liste des priorités à quelques jours du mondial, alors que de nombreux ressortissants étrangers se rendent sur les lieux du tournoi tous les quatre ans. Les derniers évènements en date : le photographe officiel de la sélection irakienne, Talal Salah, s'est vu refusé l'entrée aux États-Unis et l'administration américaine a révoqué les autorisations ESTA (document permettant de pouvoir voyager aux États-Unis) pour de nombreux supporters écossais. Pour l'ONG Human Rights Watch, "tous les signaux sont au rouge" avant le début de la compétition, que ce soit au niveau des droits des migrants, du risque de discrimination, de liberté de la presse, de surveillance policière, des droits des supporters et de la protection des travailleurs. Tout en favorisant toujours plus le “football business” avec des sièges, des transports et des logements aux prix exorbitants, dans un pays où le “soccer” est loin d’être au cœur du "je". Une question mérite de se poser : est-ce que M. Infantino ira jusqu'à proposer à Donald Trump de soulever lui-même la Coupe du monde à la place des futurs vainqueurs le 19 juillet prochain ?
- Une Afrique qui triomphe, sans l’Ifriqiya qui sombre
Jamais autant d’équipes africaines ne s’étaient qualifiées pour une Coupe du monde. La plupart diront que cela est dû à l’élargissement de la compétition à 48 équipes, certes. Cependant, jamais autant d’équipes africaines ne s’étaient qualifiées en phase finale d’un Mondial. D’autres diront que cela est dû au principe des meilleurs troisièmes, peut-être. Néanmoins, depuis la demi-finale marocaine de 2022, une chose est sûre : l’état d’esprit africain en Coupe du monde a changé. Le Côte-d'Ivoirien Yan Diomande (11) exulte après que son coéquipier Amad Diallo a inscrit le premier but de son équipe lors du mondial face à l'Équateur à Philadelphie, le dimanche 14 juin 2026. © AP Photo/Petr David Josek - Petr David Josek 9 équipes qualifiées sur 10, un quasi-sans-faute pour des équipes africaines qui ont su nous faire vibrer de toutes les manières possibles, entre surprises, suspense et maîtrise. Retour sur ces trois journées africaines en Amérique du Nord. J’ai des bonnes et une mauvaise nouvelle ! Commençons par la mauvaise. Si 9 équipes sur 10 se sont qualifiées, c’est bien qu’il manque une équipe. Douze buts encaissés, une fédération pointée du doigt, un coach remplacé, un nouvel entraineur dont l’avenir est incertain et l’avant-dernière équipe du Mondial en termes de points et de goal average… Voici ce qui a marqué la phase de poules de la Tunisie. Emmenée par Sabri Lamouchi, ancien international français d’origine tunisienne, le quasi-champion du monde 1998 n’a pas su élever son équipe au niveau d’une sélection prête pour la Coupe du monde. Dès le premier match face à la Suède, les Aigles de Carthage ont encaissé cinq buts, s’inclinant finalement 5-1. Résultat : Sabri Lamouchi est limogé en plein tournoi, remplacé à la hâte par le pompier Hervé Renard. Le sorcier blanc est bien à l’origine d’exploits à la tête d’équipes africaines ou encore asiatiques, mais la marche était trop haute et, finalement, les Tunisiens sortent du mondial avec un triste bilan : une nouvelle défaite 4-0 face au Japon, puis un revers 3-1 contre les Pays-Bas. Les Aigles se tournent vers l’avenir, cependant il n’est pas fameux : on ne sait toujours pas si le nouveau coach va rester et la fédération est empêtrée dans des affaires de corruption… Le football tunisien vit sans doute ses pires années. Les joueurs cap-verdiens célèbrent leur qualification en 16es de finale après leur match nul contre l'Arabie saoudite à Houston, le 26 juin 2026. © AFP / RONALDO SCHEMIDT Après l’orage, le beau temps, cap sur la surprise verte de ce mondial. Première Coupe du monde de son histoire pour les Requins bleus, eux qui n’ont participé qu’à deux Coupes d’Afrique auparavant. Le Cap-Vert a directement annoncé la couleur dès le premier match, accrochant l’Espagne sur un valeureux 0-0. Jouant avec le cœur, on aurait pu se dire que ce 0-0 n’est finalement qu’une erreur de parcours des Espagnols, favoris face à une équipe capverdienne organisée en bloc bas devant un Vozinha impérial dans les buts, mais qu’elle finirait par craquer. Eh bien non. Un autre match nul face aux Uruguayens, pourtant habitués du Mondial, marquant au passage leurs deux premiers buts dans la compétition, puis un nouveau 0-0 face à des Saoudiens pourtant toujours en lice pour la qualification, et voilà comment les hommes du capitaine Ryan Mendes se qualifient pour les seizièmes de finale, non pas en tant que meilleurs troisièmes, mais deuxièmes d’un groupe composé de l’Espagne, première, devant un Uruguay et une Arabie saoudite éliminés, s’il vous plaît. Toujours invaincus, les Capverdiens vont cependant s’attaquer à une montagne : l’Argentine… Mais bon, attachez vos cœurs, on n’est à l’abri de rien avec les Requins bleus. Une maîtrise royale, un héritage se confirme. Le premier gros choc de cette Coupe du monde a vu s’affronter le grand Brésil face à une équipe africaine. Revenons dix ans en arrière : ce genre de discours nous semblait juste irréaliste. C’est pourtant ce que le Maroc est devenu : un véritable outsider de cette Coupe du monde, rien que ça. Dans un match plutôt fermé, finalement habituel quand deux favoris/outsiders s’affrontent, les Marocains sont sortis de ce duel face au recordman de victoires en Coupe du monde avec un nul 1-1, plein de promesses. Une victoire 1-0 face à l’Écosse, avant un match accrocheur, mais victorieux face à une valeureuse équipe haïtienne (4-2), et voilà les Lions de l’Atlas qualifiés en tant que deuxièmes du groupe C derrière le Brésil. Prochaine étape : un gros choc face aux Pays-Bas, à la portée des quatrièmes du dernier Mondial qatari. Gessime Yacine (à gauche) célébrant le quatrième but du Maroc face à Haïti aux côtés de Rahimi (centre) et El Khannouss (à droite), le 24 juin 2026 (AP Photo/Mike Stewart) En quête d’ivoire, en quête de gloire Emmenés par Emerse Faé, dont la légitimité n’est désormais plus à démontrer, les vainqueurs de la CAN 2024 retrouvent une Coupe du monde qu’ils n’avaient plus disputée depuis 2014. Et quel retour ! Une victoire 1-0 face à l’Équateur pour leur premier match, avant une défaite, certes rageante, mais surtout pleine d’enseignements, arrachée par les Allemands dans les toutes dernières minutes de la rencontre (2-1). Il ne manquait plus qu’une victoire pour assurer une qualification historique en phase finale aux Éléphants, et c’est la modeste équipe de Curaçao qui a servi de dernier obstacle, finalement franchi grâce à un succès 2-0. Équipe africaine la plus impressionnante derrière le Maroc, les Éléphants semblent avoir tout ce qu’il faut pour poursuivre leur aventure. Prochaine étape : la Norvège. Deuxième place historique pour une équipe pharaonique Avec le plus grand nombre de CAN remportées, l’Égypte n’a pourtant jamais vraiment brillé en Coupe du monde : seulement quatre participations. Les Pharaons, qui avaient manqué l’édition 2018, avaient à cœur de se racheter. Réputée pour être une équipe pénible à jouer, l’Égypte a vu la Belgique s’en mordre les doigts dès le premier match. Accrocher les Diables rouges avec un match nul 1-1 grâce à un but d’Emam Ashour, voilà de quoi parfaitement lancer la compétition. Le deuxième match ne fut ensuite qu’une formalité, avec une victoire 3-1 face à la Nouvelle-Zélande. L’équipe, dont la majorité des joueurs proviennent du championnat égyptien, en a fini avec le monopole des ogres d’Al Ahly ou du Zamalek, qui perdent au fil des années des représentants dans les convocations des Pharaons. Le vivier de la sélection s’oriente désormais vers d’autres clubs du pays, comme Pyramids FC, vainqueur de la Ligue des champions de la CAF en 2025. Toujours guidés par leur capitaine Mohamed Salah, les hommes de la légende africaine Hossam Hassan se sont partagé les points face à l’Iran 1-1. Deuxièmes du groupe, synonyme d’une qualification historique en seizièmes de finale, les coéquipiers du Ballon d’or africain 2017 et 2018, devront se défaire de l’Australie pour continuer à bâtir leur pyramide vers les sommets. Dakar, Kinshasa, Accra et Alger : quatre villes où être troisième vaut de l’or. Vive les meilleurs troisièmes ! Avec quatre places sur huit, nos équipes africaines ont su profiter de cette nouveauté. Placés dans le groupe du champion du monde 2018 et finaliste de la dernière édition, les Lions de la Teranga ont peiné face à des Français portés par le capitaine Mbappé, auteur d’un doublé. Défaite 3-1 malgré un but de l’entrant Ibrahim Mbaye mystifiant son adversaire direct, de quoi nourrir des espoirs chez les Sénégalais. Ces espoirs seront vite éteints par un doublé d’Erling Haaland et une défaite face à des Norvégiens très solides (3-2). Les Sénégalais sont quasiment éliminés. Il faudra attendre la victoire 5-0 face à l’Irak, soignant le goal average tout en chipant la dernière place des meilleurs troisièmes. Seule équipe qualifiée avec trois petits points, le Sénégal avait un pied dans l’avion du retour. Il faudra enfin atterrir pour les champions d’Afrique 2019 (et 2025 pour certains), car ils n’ont plus le droit à l’erreur. Un match nul face au Portugal de Ronaldo, une défaite rageante face à la Colombie et, finalement, une victoire au bout du suspense face à l’Ouzbékistan : les coéquipiers de Yoann Wissa se qualifient pour les seizièmes de finale en tant que meilleurs troisièmes. La République démocratique du Congo, passée par les barrages, va affronter une Angleterre qui a du mal avec les équipes africaines. Cette équipe africaine qui a embêté les Anglais, c’est le Ghana. Pas qualifiés pour la dernière CAN, on pensait les Black Stars en crise… Une victoire 1-0 face au Panama, un nul 0-0 face aux Anglais avant une défaite 2-1 contre les Croates, et les coéquipiers de Jordan Ayew iront affronter la Colombie en seizièmes de finale. L’Algérie s’est qualifiée pour les 16es de finale de la Coupe du monde dans la nuit de samedi à dimanche. (AFP / JUAN MABROMATA) Dernier pays africain à jouer sa qualification, les Fennecs nous ont fait vivre les montagnes algériennes sur leur dernier match. Si tout avait mal commencé avec une défaite 3-0 et les trois buts argentins de Lionel Messi, les Verts ont ensuite bataillé pour venir à bout de la Jordanie (2-1)… avant ce dernier match face à l’Autriche. Un nul suffisait pour qualifier les deux équipes, une défaite pour l’une ou l’autre et c’était l’élimination. Arrangement ? Au vu du passif de l’Autriche dans ce domaine, marquée par le « match de la honte » de 1982 face à l’Allemagne de l’Ouest, où un 1-0 qualifiait les deux équipes au détriment de l’Algérie, et de ce que le terrain nous a montré, il n’en est rien. Score final : 3-3, avec un doublé de Riyad Mahrez, dont le 3-2 dans le temps additionnel qualifiait les Algériens en tant que deuxièmes et faisait d’eux les adversaires de l’Espagne. L’égalisation autrichienne, une minute plus tard, évite finalement l’Espagne, qui affrontera l’Autriche. Les Algériens, eux, retrouveront la Suisse. Afrique du Sud, au parcours sens dessus dessous. Deux cartons rouges. Voilà ce qu’on retiendra du match d’ouverture de ce mondial entre l’Afrique du Sud et le Mexique. Défaite 2-0 face aux Mexicains, avant un match nul 1-1 contre la République tchèque. On voyait mal les Bafana Bafana se retrouver en seizièmes de finale, eux qui retrouvaient la Coupe du monde seize ans après leur Mondial à domicile. Et pourtant, les Sud-Africains ouvrent le bal ce soir face au Canada, grâce à une magnifique victoire contre la Corée du Sud, pourtant supérieure sur le papier. Qualifiés en tant que deuxièmes, les Bafana Bafana vont tenter de prolonger le rêve africain un peu plus longtemps dans cette Coupe du monde.
- Johan Manzambi, le nouveau couteau suisse
À nouveau décisif dans cette Coupe du monde, contre l’Algérie cette fois, en 16ᵉ de finale, Johan Manzambi affole les compteurs et porte sa sélection. Il dispute pourtant son premier mondial, mais est sans aucun doute la révélation de la compétition. Un doublé lors de son premier match de Coupe du monde, il y a pire comme début non ? Numéro neuf dans le dos. Le milieu de terrain suisse, Johan Manzambi, a encore étalé toute sa classe la nuit dernière afin de permettre à la Nati de filer en 8ᵉ de finale, après sa victoire face à l’Algérie (2-0). Une percée depuis le milieu de terrain en solitaire pour transpercer la défense algérienne. Un slalom dans la surface côté gauche, avant de déposer Aïssa Mandi d’un double contact et d’enchaîner avec une passe en retrait pour son coéquipier Breel Embolo qui n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets. Le jeune joueur d’à peine vingt ans n’est décidément pas venu faire de la figuration pendant ce mondial. Seulement seize sélections pour le natif de Genève, et surtout une première Coupe du monde haute en couleur. Déjà trois buts et deux passes décisives en quatre matchs. Des statistiques affolantes pour ce jeune joueur qui n’a pas démarré le mondial en tant que titulaire. Mais sa rentrée en jeu à la 71ᵉ minute face à la Bosnie, lors du premier match, a rebattu toutes les cartes. Un premier but trois minutes après son entrée sur la pelouse. Il finit la rencontre avec un doublé qui avait permis à la sélection suisse d’ouvrir le score, et son compteur de buts dans la compétition, lors de la victoire face aux coéquipiers d’Edin Džeko (4-1). Interrogé, le principal intéressé n’a pas su retenir sa joie après une telle performance de sa part. “Franchement, c’est incroyable. C’est le premier doublé de ma carrière, en plus dans une Coupe du monde qu’on n’a pas commencé de la meilleure des façons. Marquer deux buts devant les fans, devant ma famille, dans un stade incroyable, c’est un rêve d’enfant. Je pense que je ne vais pas réussir à dormir cette nuit. Mais c’est un soulagement pour tout le monde. On devait prouver sur le terrain qu’on était une bonne équipe, et je pense que nous l’avons fait aujourd’hui.” “Johan possède des qualités incroyables” Pour ceux qui suivent les compétitions européennes, le nom de Manzambi ne sort pas de nulle part. Cette saison avec le SC Fribourg, il a véritablement explosé. Il a disputé pas moins de 47 matchs TCC cette saison avec des statistiques personnelles très correctes : sept buts et neuf passes décisives. Né de parents originaires d’Angola et de la République démocratique du Congo, le gamin aux jambes de feu, qui aspirait tout d’abord à devenir gardien de but comme son idole Manuel Neuer, se démarque par sa polyvalence sur le terrain. Il a disputé pas moins de 47 matchs TCC cette saison avec sept buts et neuf passes décisives. Des qualités qui sont louées également par son sélectionneur Murat Yakin : “Johan possède des qualités incroyables. Il sait mettre les défenseurs en difficulté, ce qui génère de l’imprévisibilité et des occasions.” Formé en tant que milieu central, il a disputé 29 matchs TCC lors de la saison 2025/26 à ce poste. Mais il s’est aussi démarqué en jouant en tant que second attaquant (13 matchs), milieu offensif (1 match), milieu défensif (2 matchs) et même ailier gauche (2 matchs) lors d’une victoire contre Wolfsburg (4-3) en décembre dernier et une défaite à Leipzig en janvier. Joueur technique et très à l’aise balle au pied, il possède un gros volume de jeu et aime casser les lignes adverses en portant le ballon. Un profil de percussion au milieu de terrain très mobile donc, qui possède une grosse capacité à se projeter vers l’avant. Son volume de jeu lui permet également d’être important dans le collectif par son repli défensif. Un box-to-box des temps modernes sans aucune blessure à son actif (et on touche du bois). Numéro 44 dans le dos avec son club, Manzambi a disputé 47 matchs TCC cette saison avec ce dernier. Une valeur estimée aujourd’hui à 50 millions d’euros Mais pour les autres, il est certain que le joueur formé au Servette FC relevait de l’anonymat le plus complet. Après avoir rejoint Fribourg en janvier 2023, à seulement 17 ans, il a d’abord intégré les équipes de jeunes (U19 puis équipe réserve). Puis vient le moment de l’éclosion. Johan a intégré l’équipe première en juillet 2024 avant de jouer son premier match en professionnel contre Heidenheim, en Bundesliga, le 21 septembre de la même année. Neuf petites minutes de jeu. Il marquera trois buts et délivrera six passes décisives en 21 matchs TCC cette saison-là. Aujourd’hui, sa valeur est estimée à près de 50 millions d’euros. Elle était de 8 millions lorsque ce dernier a entamé la saison de la confirmation, mais surtout de la révélation aux yeux de l’Europe puisque son club, le SC Fribourg, a disputé la Conference League. Les Allemands ont réalisé un parcours remarquable et se sont hissés jusqu’en finale. Ils s’inclinent finalement face à Aston Villa, grand favori de la compétition (3-0). Manzambi marquera à deux reprises et distribuera deux passes décisives dans cette compétition. Le nouveau couteau suisse de la Nati Un départ vers Newcastle dès cet été ? Une saison historique récompensée par une sélection pour le Mondial. Il vient, au passage, à 20 ans et 261 jours, de battre un record de précocité en devenant le plus jeune joueur de l’histoire de la Coupe du monde à être impliqué sur cinq buts lors d’une phase, d’après Opta, depuis le début de la collecte des données en 1966. Un record détenu précédemment par Thomas Müller avec l’Allemagne (5 buts et 3 passes décisives en 2010). Peut-on y voir un symbole par rapport à son futur club ? Nul ne le sait. Johan ne devrait cependant pas faire long feu dans le canton de Fribourg malgré un contrat qui court jusqu’en 2030. De nombreux clubs sont intéressés par la pépite suisse. Selon « Bild », Newcastle aurait déjà eu l'accord du joueur et discuterait avec le club allemand autour d'une somme avoisinant les 60 millions d'euros. Il deviendrait alors le joueur helvétique le plus cher de l'histoire. Le record est détenu par Granit Xhaka, passé de Mönchengladbach à Arsenal en 2016 pour 45 millions d'euros. Un feuilleton qui risque d’animer le mercato estival pour le nouveau couteau suisse du pays.
- Le Cap-Vert créé l'exploit, et les novices quittent déjà la scène mondiale
Lorsque le mondial a débuté le 11 juin dernier, le moment était venu pour quatre nations de disputer leur première Coupe du monde de football. C’était le cas de la Jordanie, le Cap-Vert, l’Ouzbékistan et le Curaçao. Les phases de poules viennent de se clôturer, et pour certaines de ces équipes, il est déjà l’heure de rentrer à la maison. Tandis que le Cap-Vert créé la surprise malgré des affaires de corruptions et de viol. Les joueurs du Cap-Vert iront défier l'Argentine en 16ᵉ de finale de Coupe du monde, le 4 juillet. La Jordanie, le Curaçao, le Cap-Vert et l’Ouzbékistan. Quatre nations qui étaient sur le point de participer à une Coupe du monde de football pour la première fois de leur histoire, au moment de rallier l’Amérique du Nord, début juin. Après plus de deux semaines de compétition et trois matchs de phase de groupes disputés, synonyme, pour la majorité, de fin de Mondial et de retour à la maison, le bilan comptable de ces équipes est plus que mitigé. Aucune victoire sur l’ensemble des 12 matchs disputés à eux quatre. Un total de 4 points sur 36. Un bilan de huit défaites et quatre nuls auquel on peut rajouter huit petits buts inscrits pour pas moins de trente buts encaissés. Les chiffres ne tournent pas à leur avantage. Mais dans le football, se fier uniquement aux statistiques n’est pas révélateur de ce qui est produit au niveau du jeu sur le terrain. Loin d’être ridicules, le Cap-Vert a notamment réussi à tenir en échec l’Espagne (0-0), le 15 juin, et le Curaçao a fait match nul (0-0) face à l’Équateur de Caicedo et Pacho. Elles ont tenté de lutter avec leurs forces face à des nations souvent largement supérieures. La Jordanie n'a rien pu faire face à l'Argentine, défaite 3-1. Créateur : David Ramos | Crédits : Getty Images Une Fédération cap-verdienne suspectée d’ingérences et de gouvernance opaque Une nation s’en sort malgré tout beaucoup mieux que les autres. Tandis que l’Ouzbékistan, le Curaçao et la Jordanie peuvent déjà se laisser aller aux bons souvenirs de cette parenthèse mondiale enchantée puisqu’elles sont éliminées en ayant terminé derniers de leur groupe respectif. Le Cap-Vert fait figure d’exception. Une série de trois matchs nuls de suite face à l’Espagne, donc, l’Uruguay (2-2) et l’Arabie Saoudite permet aux Requins bleus de finir deuxièmes de leur groupe. Une place qui les envoie directement en 16ᵉ de finale. Même si, en interne, la vie n’est pas aussi rose que l’on peut l’imaginer : la Fédération est suspectée d’ingérences et de gouvernance opaque. Romain Molina, journaliste d’investigation spécialisé dans le football, évoque dans sa vidéo YouTube “Bilan du premier tour de la Coupe du Monde 2026 !” qu’il y a quelques années, la Fédération était empêtrée dans des affaires de corruptions. À rajouter à cela de gros problèmes de logistique, notamment dans les déplacements de la sélection. Des tensions en interne En février dernier, d’après Inforpress, l’agence de presse capverdienne, « le candidat battu aux élections de la Fédération cap-verdienne de football (FCF), Eliseu Cardoso, a dénoncé de supposées irrégularités dans le processus électoral, demandé la suspension de la prise de fonctions de l’équipe élue et exigé une décision urgente sur le recours introduit. » Au moment des élections du 10 janvier, disputées entre Mário Semedo, candidat à sa réélection, et Eliseu Cardoso, ancien président de la Commission nationale d’arbitrage, la Liste B a été déclarée victorieuse avec sept voix contre cinq pour la Liste A. Pour Cardoso, les irrégularités ont commencé à partir de la phase préélectorale, avec la publication tardive de la liste des délégués électeurs, seulement à l’aube du jour du scrutin, rendant impossible son analyse et une éventuelle contestation par les candidatures. Le capitaine de la sélection, Ryan Mendes, accusé de viol Des remous en interne depuis plusieurs mois qui n’ont pas perturbé le staff et les joueurs dans la préparation de leur Coupe du monde. Ces derniers ont d’ailleurs officialisé leur qualification bien en amont de cette histoire, le 13 octobre 2025, à Praia (capitale du pays), après leur victoire contre l’Eswatini (3-0). En réussissant à faire abstraction des polémiques, les joueurs de cette île d’un peu plus de 500 000 habitants, située au large du Sénégal, dans l’océan Atlantique, ont réussi à créer un lien entre eux et ont réalisé un exploit sans nom en parvenant à rejoindre les 16ᵉ de finale de ce Mondial. Leur futur adversaire n’est pas des moindres puisqu’il s’agit de l’Argentine de Lionel Messi. Est-ce que les Requins bleus vont parvenir à créer la sensation en éliminant les champions du monde en titre ? Compliqué d’y croire. Le capitaine du Cap-Vert, Ryan Mendes, accusé de viol D’autant plus que la sélection va devoir gérer un nouveau problème. Leur capitaine et milieu de terrain Ryan Mendes serait visé par une enquête de la police néo-zélandaise à la suite d’une plainte pour viol déposée par une Brésilienne, selon une information révélée par Globo, il y a quelques jours. Les faits se seraient déroulés en mars de cette année, à l’hôtel auquel la sélection cap-verdienne était logée pour disputer des matchs amicaux en Océanie. La Fédération cap-verdienne et la FIFA restent muettes D’après L’Équipe, la plaignante aurait été engagée par la fédération néo-zélandaise pour servir d’interprète à la délégation cap-verdienne. Selon ses dires, le 27 mars, alors qu’elle résidait dans le même hôtel que les joueurs, Ryan Mendes se serait introduit dans sa chambre avant de l’étrangler, de lui infliger des coups de poing, de la mordre alors qu’elle essayait de se défendre, et de la violer… La brésilienne et son mari auraient, de plus, envoyé le 10 mai des notifications extrajudiciaires à la fédération cap-verdienne et à la FIFA afin de demander notamment l’exclusion du mondial du joueur. Une demande restée sans réponse. À noter que dans une conversation WhastApp révélée par Globo, la plaignante a reçu un message d’un officiel de la fédération cap-verdienne lui expliquant que l’affaire est un “problème personnel de Ryan”. Donc, qui ne concernerait pas la Fédération elle-même. En attendant, le joueur le plus capté (99 sélections) et meilleur buteur de l’histoire du Cap-Vert (22 buts) a disputé les trois premiers matchs de son équipe au mondial et devrait être de la partie face à l’Argentine, le 4 juillet prochain. Tahith Chong parmi les meilleurs dribbleurs Du côté des nations éliminées évoquées un peu plus tôt, voici leur bilan. Pour la Jordanie, une défaite face à l’Autriche lors du premier match (3-1). Au second match, ils craquent dans les dix dernières minutes face à l’Algérie et encaissent une deuxième défaite (2-1). Enfin, face à une équipe remaniée de l’Argentine, nouvelle défaite (3-1), avec quand même un but encaissé par Messi sur coup franc. Ils auront eu la capacité de réagir à chaque fois en marquant à chaque match. Ils ont même ouvert le score face à l’Algérie, sans parvenir toutefois à concrétiser leur avance par une victoire. Des regrets, mais beaucoup de bonnes choses à retenir pour les Jordaniens, qui sont venus avec la volonté de jouer au football. Pour l’Ouzbékistan, la marche était bien trop haute. Une envie de bien faire à louer, mais trop de fébrilité à chaque ligne. Trois matchs, trois défaites face au Portugal (5-0), à la Colombie (3-1) et à la République démocratique du Congo (3-1). Les coéquipiers de Khusanov ont encore beaucoup à apprendre. Tahith Chong fait partie des meilleurs dribbleurs des phases de poules de cette 23e édition de la Coupe du monde de football La Blue Wave, surnom du Curaçao, s’est aussi fait sortir de la Coupe du monde dès les phases de poules. Une entrée en lice plus que délicate face à l’Allemagne (défaite 7-1), un autre revers face à la Côte d'Ivoire (2-0), et un match nul face à l’Équateur (0-0) qui ne suffit pas à espérer plus qu’une dernière place dans le groupe E. Une performance qui montre néanmoins que cette équipe est capable de rivaliser avec n’importe qui. Il ne faut pas oublier que, malgré la lourde défaite face aux Allemands, ils ont réussi l’exploit d’égaliser face aux champions du monde 2014 et d’arriver à la mi-temps avec seulement un écart minime (2-1 en faveur de l’Allemagne). Une autre donnée est à retenir pour la sélection entraînée par Dick Advocaat (ex-sélectionneur des Pays-Bas à trois reprises entre 1992 et 1994, puis entre 2002 et 2004, et en 2017) : l’ailier droit de Sheffield United et international curacien depuis 2025, Tahith Chong, est le deuxième joueur qui a réussi le plus de dribbles (11) à l’issue des phases de groupes, avec Julio Enciso (Paraguay) et Lee Kang-in (Corée du Sud), derrière l’attaquant algérien Ibrahim Maza (13).
- Le temps des records et des premiers doutes
La cloche sonne la fin des phases de groupes. Mais avant de penser aux 16ᵉ de finale qui viennent de commencer avec la victoire du Canada face l'Afrique du Sud (1-0), revenons sur ce qui a marqué ces 72 premiers matchs de Coupe du monde. Kylian Mbappé exulte après avoir inscrit le troisième but de son équipe lors du match de football de la Coupe du monde opposant la France au Sénégal à East Rutherford, dans le New Jersey (États-Unis), le 16 juin 2026. © Frank Franklin II, AP Le monde d’aujourd’hui file à mille à l’heure. À peine les matchs de groupes de cette 23ᵉ édition de la Coupe du monde de football terminés, voilà les 16ᵉ de finale qui pointent le bout de leur nez. Le temps ne nous laisse décidément pas le temps. Impossible d’apprécier un débat enflammé autour du début de mondial de Mbappé, qu’il est déjà temps de se tourner vers l’avenir, vers la prochaine échéance, qui deviendra, elle aussi, « has been » aussitôt la partie terminée. Il est pourtant d’une grande importance de savoir prendre conscience de ce passé récent pour apprécier et contempler un peu plus joliment les rencontres qui vont écrire le futur. Aujourd’hui, un nouveau mondial commence avec 32 nations restantes. Une phase finale qui commence donc avec autant d’équipes qui débutaient alors les précédentes éditions de Coupe du monde. Il y a déjà eu, au passage, plus de matchs dans ce mondial, qui rentre à peine dans la zone des grandes vérités des éliminations directes (72), que sur le total des précédents mondiaux (64). Et qui appelle le record du nombre de matchs, invoque le record du nombre de buts inscrits : 177 buts ont déjà été marqués dans ce mondial, battant le record de 172 buts établi en 2022 lors de la Coupe du monde au Qatar. Avant elle, le record était de 171 buts, partagés par 1998 et 2014. Gianni Infantino voulait une compétition historique, et ces faits montrent qu’il a ce qu’il désirait plus que tout, officiellement. Mais, forcément, un mondial avec 48 équipes amène davantage à faire chuter les nombreux records. Rien de bien étonnant. 2 + 2 fera toujours 4. Crédits : AP Photo/Ashley Landis Les favoris répondent présents, l’Angleterre et le Portugal en difficulté malgré la qualif’ Sur le terrain, les grandes équipes, celles qu’on qualifie de favoris, ont répondu au rendez-vous pour le moment. Certaines nations comme la France, en mode rouleau compresseur, l’Argentine, portée par la grâce de Messi, le Brésil de Vinicius (et de Neymar) ou encore l’Espagne, qui pourra compter sur le retour de Lamine Yamal, n’ont pas éprouvé de grandes difficultés à se qualifier pour la suite de la compétition. Concernant le Portugal et l’Angleterre, des doutes quant à la capacité de performer commencent à émerger. En difficulté contre des blocs bas, les Three Lions n’ont pas trouvé le chemin des filets face au Ghana (0-0) et ont réalisé une performance loin d’être rassurante dans le jeu face au Panama malgré la victoire (2-0). Heureusement, ces derniers ont battu les Croates (4-2) qui, contrairement à leurs autres adversaires de ce groupe L, ont joué un football plus offensif laissant beaucoup d’espaces sur chacune des offensives anglaises. Du côté de la bande à CR7, cela concerne l’incapacité à gagner, en plus de celle de marquer. Car en dehors de la victoire 5-0 face à une valeureuse, mais faible équipe de l’Ouzbékistan, les Portugais n’ont pas su faire mieux que match nul face à la République démocratique du Congo (1-1) et un autre face à la Colombie (1-1). En dehors de la Tunisie, l’Afrique sur un sans-faute Les équipes africaines réalisent un quasi sans faute. Neuf des dix équipes en lice dans ce mondial se sont qualifiés pour la phase finale. Les équipes en question : Afrique du Sud, Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, RD Congo, Cap-Vert, Égypte, Égypte et Algérie. Une nation manque à l’appel : la Tunisie. Une campagne catastrophique avec trois défaites, deux buts inscrits seulement et pas moins de douze buts encaissés. Les hommes de Sabri Lamouchi, limogé après le premier match face à la Suède (défaite 5-1) et remplacé par Hervé Renard, ont réalisé l’un des pires mondiaux qu’une nation pouvoir réaliser. La Tunisie s'est inclinée 3-1 face aux Pays-Bas lors de son dernier match de poules à la Coupe du monde, le 26 juin 2026, à Kansas City. Icon Sport/Li Ying Ce n’est d’ailleurs pas la première que la Tunisie vire son entraineur en pleine Coupe du monde. En 1998, lors du mondial en France, Henryk Kasperszak n’a pas fait long feu après deux défaites. Une face à l’Angleterre (2-0), et une autre face à la Colombie (1-0) coute le poste au sélectionneur polonais. Bielsa lâché par son groupe, le Cap-Vert en phase finale ! La surprise : le Cap-Vert qui se qualifie pour la phase finale pour sa première participation à une Coupe du monde. Les Requins bleus ont fini 2ᵉ de leur groupe derrière l’Espagne. Trois matchs nuls qui permettent à la sélection africaine d’aller affronter l’Argentine, champion du monde en titre, dans un match qui ressemblera plus à un match de gala tant leur chance est infime de se qualifier. Mais le football est parfois si beau, pourquoi ne pas rêver de voir les hommes de main de Lionel Messi se faire sortir prématurément ? Agustin Canobbio face à l'arbitre après avoir reçu un carton rouge L’autre surprise : l’Uruguay éliminé et ne verra pas la phase finale. La Celeste termine troisième du H derrière l’Espagne, rien de bien étonnant, mais surtout derrière le Cap-Vert. Deux nuls et une défaite, voici le bilan des hommes de Marcelo Bielsa. Ce dernier a d’ailleurs disputé son dernier match en tant que sélectionneur de la sélection uruguayenne. Il devrait être remplacé par un autre argentin en la personne de Marcelo Gallardo, ancien entraineur de River Plate libre depuis le début de l’année. El Loco était en conflit avec une grande partie des joueurs, dont de nombreux cadres qui lui reprochaient des entraînements trop physiques et pas assez de temps libre pour décompresser avec leurs familles pendant le mondial. Un climat pesant et beaucoup de frustrations se sont fait ressentir dans la vie de groupe. Et notamment jusque sur les terrains, en témoigne le carton rouge direct obtenu par l’attaquant Agustin Canobbio, coupable d’un tacle totalement non maitrisé sur le défenseur espagnol, Pau Cubarsi, lors du dernier match de poule face à l’Espagne, le 26 juin. À noter que les joueurs vont devoir chacun rentrés par vols commerciaux, punition de la part de leur fédération. La première partie de cette Coupe du monde se termine aujourd’hui, il est encore trop tôt pour dire si cette nouvelle formule est une bonne chose. Vient désormais le moment de se concentrer sur la suite de l’histoire de ce mondial. Celle qu’on retiendra surement davantage lorsque viendra le moment de s’en souvenir tantôt. Mais n’y pensons pas encore et profitons encore un peu de ce que le football peut nous offrir de plus beau.










