Zinédine Zidane, l'évidence même

Dernière mise à jour : 13 sept.
Lors d'une conférence de presse d'intronisation, mardi 28 juillet, au siège de la FFF, Zinédine Zidane a officiellement été nommé sélectionneur de l'équipe de France pour les quatre prochaines années.

Vingt ans s'est écoulé depuis son départ. Celui de l'équipe de France, et par la même occasion du rectangle vert. C'était en 2006, lors d'un soir d'été à Berlin, en finale d'une Coupe du monde face à l'Italie, quelques instants après son expulsion pour un coup de tête sur Materrazi. La légende du football français, celui qui nous avait amené sur le toit du monde huit ans plus tôt, raccrochait alors les crampons.
Vingt ans plus tard, le 28 juillet 2026, il fait son retour. Dans l'auditorium de la Fédération, Zinédine Zidane a été officialisé en tant que nouveau sélectionneur de l'équipe de France. Après quatorze années sous l'ère Deschamps, ce dernier a décidé qu'il était venu le temps de partir et laisser l'histoire être écrite par quelqu'un d'autre. Et cette personne ne pouvait que Zizou. Lui, qui a souvent évoqué cette envie d'occuper ce poste un jour dans sa vie, vient de parapher un contrat qui le lie pour les quatre prochaines années à la FFF.
"Ça ne se voit pas, mais je suis très excité"
Ses premiers mots, il a tenu à les adresser aux pompiers et à tous ceux qui luttent pour parvenir à éteindre le mégafeu en Gironde. D'un ton sérieux et un brin ému, il a apporté un message de soutiens aux victimes de ces flammes qui ont englouti plus de 40 000 hectares, déplacés près de 220 000 personnes et détruits d'innombrables maisons sur leurs passages.
Puis est venu le temps des questions. Face à 120 journalistes et photographes (jamais une nomination n'avait attiré autant de monde), ZZ a eu du mal à cacher son émotion malgré la grande sérénité qu'on lui connait. "Ça ne se voit pas, mais je suis très excité » lance-t-il, d'un stoïcisme corporel propre à lui. À la question de savoir si c'est le plus beau jour de sa vie d'entraineur, le principal intéressé s'est empressé de répondre, coupant légèrement la parole avec un grand sourire aux lèvres. "Ouais, c'est ce que je voulais faire. J'ai connu l'équipe de France minimes. En 1998, ç'a été la plus belle chose qui me soit arrivée, avec les copains de 1998, grâce à Aimé (Jacquet, sélectionneur en 1998). J'ai passé ces 4-5 années à attendre ce jour-là. Je suis ému, je suis tout excité, c'est quelque chose de fort pour moi, je suis heureux."
Il était perceptible de ressentir dans ses différentes prises de paroles toute la fierté de prendre les rênes de la sélection. Un objectif, un rêve qu'il avait en tête depuis longtemps, déjà lors de l'intronisation de Didier Deschamps en 2012. Le natif de Marseille a dû prendre son mal en patience et en a profité pour développer sa tactique lors de ses passages sur le banc du Réal Madrid entre 2016 et 2018 puis entre 2019 et 2021. À la clé notamment deux titres de champion d'Espagne et surtout trois Ligue des champions.
"Ce qui m'anime, c'est de marquer des buts"
Aujourd'hui, il savoure pleinement sa nomination. "C'est une joie immense. Je suis heureux de ce qui m'arrive aujourd'hui, je n'ai pas d'autre mot. Je suis contenu, j'ai plein d'émotions en moi. Je suis prêt pour relever le défi. J'ai eu des propositions pendant cinq ans pour reprendre un club et je les ai toutes refusées pour la France, car c'est la seule chose que je voulais faire après ma carrière."
Si son bonheur de devenir sélectionneur de l'équipe de France était lisible sur son visage. Il n'en a pas été de même sur ce qu'il compte mettre en place tactiquement. Sur ce dossier-là, Zidane n'a pas été aussi loquace, et à préférer un laconisme pour s'exprimer sur cet aspect. "Le style, vous allez le voir bientôt. On aura le temps de penser à tout ça" rétorque-t-il.
Seules miettes à se mettre sous la dent : l'évocation d'un style de jeu tourné vers l'offensif. "Je suis animé par le jeu. J'ai été un numéro 10, ce qui m'anime, c'est de marquer des buts, il faut un équilibre bien sûr. J'ai vécu vingt-cinq ans en Espagne, vous savez ce que ça veut dire. Sur le terrain, j'étais un leader de terrain, je serai un leader par ce que j'ai fait. Je ne peux pas vous expliquer en deux mots comme ça. On a des joueurs extraordinaires. Ce n'est rien. Il faut que je leur explique mon projet de jeu, ce sera à moi à continuer à gagner
Un staff qui reste encore à établir
Pas de grandes révélations sur le style de jeu donc, pour celui qui doit encore finir de composer son futur staff avant le prochain rassemblement, fin septembre. Plusieurs noms circulent déjà, bien que rien ne soit encore officiel. David Bettoni (54 ans), son allié de toujours, sera son adjoint principal. Hamidou Msaidie, un autre adjoint de Zinédine Zidane au Réal Madrid, sera à nouveau son second assistant en équipe de France. Fabien Barthez devrait devenir le prochain entraineur des gardiens, tandis qu'Hervé Collado, médecin marseillais spécialisé en traumatologie, travaille en collaboration avec ZZ pour établir une nouvelle équipe médicale, notamment de kinés et ostéos.
Après sa première conférence de presse en tant que sélectionneur, Zizou est allé à la rencontre de la foule d'une centaine de personnes à l'extérieur du bâtiment. L'occasion de saluer pour la première fois le peuple français et de s'adonner à la signature d'autographes. Il démarre désormais une nouvelle vie, celle qu'il a tant rêvée avec le regard déjà tourné sur les prochaines échéances. "Il y aura quatre matches au mois de septembre. Pratiquement trois semaines avec les joueurs. Premier objectif, la Turquie en Turquie. Il faut continuer à faire rêver les supporters : l'équipe de France fait rêver ; elle fait rêver quand elle gagne, je vais essayer de tout faire pour essayer d'emprunter ce même chemin..."




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