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La grève est finie, mais la lutte continue

Photo du rédacteur: Benjamin Muller
Benjamin Muller
12 sept.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Plusieurs banderoles critiquant la gestion du RC Strasbourg ont été déployés par les ultras strasbourgeois, samedi 12 septembre, au stade de la Meinau, en marge de la rencontre face à l'AS Monaco, pour le compte de la 4ᵉ journée de Ligue 1.


Les ultras demandent à la maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, de se pencher sur les dessous du projet BlueCo à Strasbourg. Photo : Benjamin Muller
Les ultras demandent à la maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, de se pencher sur les dessous du projet BlueCo à Strasbourg. Photo : Benjamin Muller

Même si la grève des encouragements des quinze premières quinze minutes de chaque rencontre est désormais de l'histoire ancienne, les ultras strasbourgeois n'ont pas pour autant cessé de lutter contre la multipropriété et leur propriétaire américain BlueCo. Plusieurs banderoles allant de ce sens ont été sorties par les UB90 en marge de la rencontre face à l'AS Monaco, samedi 12 septembre, au stade de la Meinau, lors de la 4e journée de Ligue 1.


Un gigantesque tifo a d'abord été déployé par la tribune ouest, lors de l'entrée des joueurs sur la pelouse. Une toile en référence à l'amitié de longues dates entre les supporters strasbourgeois et ceux du Karlsruher SC (voir ci-dessous). Puis de premières banderoles sont apparues autour de la 25ᵉ minute, sur lesquelles on pouvait lire : "l'effectif change, le projet reste le même : le trading avant le Racing" ou encore "trading assumé, projet sportif ou financier ?" Un pic contre la direction accusée depuis le rachat du club en 2023 de privilégier un business model axé sur le développement de (très) jeunes joueurs avec l'objectif de réaliser une grosse plus-value sur un futur transfert.


Tifo des UB90 en hommage au lien d'amitié avec les supporters du Karlsruher SC. Photo : Benjamin Muller
Tifo des UB90 en hommage au lien d'amitié avec les supporters du Karlsruher SC. Photo : Benjamin Muller
Les premières banderoles sorties par les associations de supporters dénonçant la gestion du RC Strasbourg. Photo : Benjamin Muller
Les premières banderoles sorties par les associations de supporters dénonçant la gestion du RC Strasbourg. Photo : Benjamin Muller

"16 arrivées, 21 départs, Guy, ferme la porte !"


Les UB90 remettent également en question le projet du club après un mercato d'été dès plus agité. Ce dernier a été marqué par les départs de nombreux cadres comme ceux de Moreira à l'AC Milan, Guéla Doué au Bayer Leverkusen, Barco à Chelsea ou encore Enciso à Ipswich, mais aussi par une grande vague de départs et d'arrivées. Et les ultras n'ont pas hésité à rappeler les chiffres de cette fenêtre estivale de transferts avec de nouvelles banderoles en fin de match : "16 arrivées, 21 départs, Guy ferme la porte !" Pour rappel : près de 100 millions d'euros ont été dépensés pour des ventes qui atteignent, elles, 200 millions d'euros. Une balance positive de 100 millions d'euros donc.


L'expression "Guy ferme la porte !" Une référence au discours du président Marc Keller, en avril 2023, alors que le Racing luttait pour le maintien. Marc Keller avait alors prononcé "Guy, ouvre la porte !" Une phrase devenue célèbre sur les bords du Krimmeri, qui cite le team manager historique du club en poste depuis 1998, Guy Feigenbrugel, invitant les joueurs qui ne se sentaient pas prêts à se battre pour l'équipe à quitter la pièce.


Personne ne s'était levé et dirigé vers la sortie à l'époque, mais force est de constater que Guy a effectivement peut-être oublié d'enlever le cale-porte. Et les courants d'airs commencent à être de plus en plus fréquents.


Banderoles des UB90 ironisant sur le mercato agité du RC Strasbourg. Photo : Muller Benjamin
Banderoles des UB90 ironisant sur le mercato agité du RC Strasbourg. Photo : Muller Benjamin

Banderoles et lettre ouverte à Catherine Trautmann


D'autres messages ont été délivrés lors de la rencontre. La bannière rouge "non à la multipropriété", déjà connue de tous et mis en avant lors de chaque rencontre depuis de nombreux mois, a été déployée. Mais aussi une banderole à l'attention de la maire de Strasbourg, Catherine Trautmann : "Mme la maire, 160 millions d'euros pour un stade sous censure, Strasbourg : capitale européenne démocratique ?" La saison dernière, chaque étendard et fanion des ultras était systématiquement contrôlé et interdit par la direction. Une décision prise à la suite de banderoles demandant la démission du président Mark Keller, en septembre 2025.


Un peu plus tôt dans la semaine, jeudi 10 septembre pour être exact, les quatre principales associations des supporters (UB90, KCB, Fédération des supporters et Pariser Section) avaient adressé une lettre ouverte à Catherine Trautmann, également présidente de l'Eurométropole.


Dans cette lettre, elles demandent une médiation avec Behdad Eghbali, dirigeant de BlueCo, le groupe américain propriétaire du club. Il est d'ailleurs bon de rappeler que ces dernières n’auront obtenu qu’une seule entrevue de quelques minutes un jour de match en avril 2025, en trois ans... Elles mentionnent aussi que les « deux collectivités ont financé l’essentiel de la rénovation du stade de la Meinau, à hauteur de 160 millions d’euros d’argent public ». Suffisant pour les associations concernant sa « légitimité à intervenir sur la gouvernance du club ». La principale concernée par ces mots n'a pas encore réagi publiquement.


Banderole des ultras strasbourgeois contre le système de multipropriété dans le football. Photo : Muller Benjamin
Banderole des ultras strasbourgeois contre le système de multipropriété dans le football. Photo : Muller Benjamin

 
 
 

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