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Le Cap-Vert créé l'exploit, et les novices quittent déjà la scène mondiale

  • Photo du rédacteur: Benjamin Muller
    Benjamin Muller
  • 29 juin
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Lorsque le mondial a débuté le 11 juin dernier, le moment était venu pour quatre nations de disputer leur première Coupe du monde de football. C’était le cas de la Jordanie, le Cap-Vert, l’Ouzbékistan et le Curaçao. Les phases de poules viennent de se clôturer, et pour certaines de ces équipes, il est déjà l’heure de rentrer à la maison. Tandis que le Cap-Vert créé la surprise malgré des affaires de corruptions et de viol.


Les joueurs du Cap-Vert iront défier l'Argentine en 16ᵉ de finale de Coupe du monde, le 4 juillet.
Les joueurs du Cap-Vert iront défier l'Argentine en 16ᵉ de finale de Coupe du monde, le 4 juillet.

La Jordanie, le Curaçao, le Cap-Vert et l’Ouzbékistan. Quatre nations qui étaient sur le point de participer à une Coupe du monde de football pour la première fois de leur histoire, au moment de rallier l’Amérique du Nord, début juin. Après plus de deux semaines de compétition et trois matchs de phase de groupes disputés, synonyme, pour la majorité, de fin de Mondial et de retour à la maison, le bilan comptable de ces équipes est plus que mitigé.


Aucune victoire sur l’ensemble des 12 matchs disputés à eux quatre. Un total de 4 points sur 36. Un bilan de huit défaites et quatre nuls auquel on peut rajouter huit petits buts inscrits pour pas moins de trente buts encaissés. Les chiffres ne tournent pas à leur avantage. Mais dans le football, se fier uniquement aux statistiques n’est pas révélateur de ce qui est produit au niveau du jeu sur le terrain. Loin d’être ridicules, le Cap-Vert a notamment réussi à tenir en échec l’Espagne (0-0), le 15 juin, et le Curaçao a fait match nul (0-0) face à l’Équateur de Caicedo et Pacho. Elles ont tenté de lutter avec leurs forces face à des nations souvent largement supérieures.


La Jordanie n'a rien pu faire face à l'Argentine, défaite 3-1. Créateur : David Ramos | Crédits : Getty Images
La Jordanie n'a rien pu faire face à l'Argentine, défaite 3-1. Créateur : David Ramos | Crédits : Getty Images

Une Fédération cap-verdienne suspectée d’ingérences et de gouvernance opaque


Une nation s’en sort malgré tout beaucoup mieux que les autres. Tandis que l’Ouzbékistan, le Curaçao et la Jordanie peuvent déjà se laisser aller aux bons souvenirs de cette parenthèse mondiale enchantée puisqu’elles sont éliminées en ayant terminé derniers de leur groupe respectif. Le Cap-Vert fait figure d’exception. Une série de trois matchs nuls de suite face à l’Espagne, donc, l’Uruguay (2-2) et l’Arabie Saoudite permet aux Requins bleus de finir deuxièmes de leur groupe. Une place qui les envoie directement en 16ᵉ de finale.


Même si, en interne, la vie n’est pas aussi rose que l’on peut l’imaginer : la Fédération est suspectée d’ingérences et de gouvernance opaque. Romain Molina, journaliste d’investigation spécialisé dans le football, évoque dans sa vidéo YouTube “Bilan du premier tour de la Coupe du Monde 2026 !” qu’il y a quelques années, la Fédération était empêtrée dans des affaires de corruptions. À rajouter à cela de gros problèmes de logistique, notamment dans les déplacements de la sélection.


Des tensions en interne


En février dernier, d’après Inforpress, l’agence de presse capverdienne, « le candidat battu aux élections de la Fédération cap-verdienne de football (FCF), Eliseu Cardoso, a dénoncé de supposées irrégularités dans le processus électoral, demandé la suspension de la prise de fonctions de l’équipe élue et exigé une décision urgente sur le recours introduit. »


Au moment des élections du 10 janvier, disputées entre Mário Semedo, candidat à sa réélection, et Eliseu Cardoso, ancien président de la Commission nationale d’arbitrage, la Liste B a été déclarée victorieuse avec sept voix contre cinq pour la Liste A. Pour Cardoso, les irrégularités ont commencé à partir de la phase préélectorale, avec la publication tardive de la liste des délégués électeurs, seulement à l’aube du jour du scrutin, rendant impossible son analyse et une éventuelle contestation par les candidatures.


Le capitaine de la sélection, Ryan Mendes, accusé de viol


Des remous en interne depuis plusieurs mois qui n’ont pas perturbé le staff et les joueurs dans la préparation de leur Coupe du monde. Ces derniers ont d’ailleurs officialisé leur qualification bien en amont de cette histoire, le 13 octobre 2025, à Praia (capitale du pays), après leur victoire contre l’Eswatini (3-0).


En réussissant à faire abstraction des polémiques, les joueurs de cette île d’un peu plus de 500 000 habitants, située au large du Sénégal, dans l’océan Atlantique, ont réussi à créer un lien entre eux et ont réalisé un exploit sans nom en parvenant à rejoindre les 16ᵉ de finale de ce Mondial. Leur futur adversaire n’est pas des moindres puisqu’il s’agit de l’Argentine de Lionel Messi. Est-ce que les Requins bleus vont parvenir à créer la sensation en éliminant les champions du monde en titre ? Compliqué d’y croire. 


Le capitaine du Cap-Vert, Ryan Mendes, accusé de viol
Le capitaine du Cap-Vert, Ryan Mendes, accusé de viol

D’autant plus que la sélection va devoir gérer un nouveau problème. Leur capitaine et milieu de terrain Ryan Mendes serait visé par une enquête de la police néo-zélandaise à la suite d’une plainte pour viol déposée par une Brésilienne, selon une information révélée par Globo, il y a quelques jours. Les faits se seraient déroulés en mars de cette année, à l’hôtel auquel la sélection cap-verdienne était logée pour disputer des matchs amicaux en Océanie.


La Fédération cap-verdienne et la FIFA restent muettes


D’après L’Équipe, la plaignante aurait été engagée par la fédération néo-zélandaise pour servir d’interprète à la délégation cap-verdienne. Selon ses dires, le 27 mars, alors qu’elle résidait dans le même hôtel que les joueurs, Ryan Mendes se serait introduit dans sa chambre avant de l’étrangler, de lui infliger des coups de poing, de la mordre alors qu’elle essayait de se défendre, et de la violer…


La brésilienne et son mari auraient, de plus, envoyé le 10 mai des notifications extrajudiciaires à la fédération cap-verdienne et à la FIFA afin de demander notamment l’exclusion du mondial du joueur. Une demande restée sans réponse. À noter que dans une conversation WhastApp révélée par Globo, la plaignante a reçu un message d’un officiel de la fédération cap-verdienne lui expliquant que l’affaire est un “problème personnel de Ryan”. Donc, qui ne concernerait pas la Fédération elle-même. En attendant, le joueur le plus capté (99 sélections) et meilleur buteur de l’histoire du Cap-Vert (22 buts) a disputé les trois premiers matchs de son équipe au mondial et devrait être de la partie face à l’Argentine, le 4 juillet prochain. 


Tahith Chong parmi les meilleurs dribbleurs


Du côté des nations éliminées évoquées un peu plus tôt, voici leur bilan. Pour la Jordanie, une défaite face à l’Autriche lors du premier match (3-1). Au second match, ils craquent dans les dix dernières minutes face à l’Algérie et encaissent une deuxième défaite (2-1). Enfin, face à une équipe remaniée de l’Argentine, nouvelle défaite (3-1), avec quand même un but encaissé par Messi sur coup franc. Ils auront eu la capacité de réagir à chaque fois en marquant à chaque match. Ils ont même ouvert le score face à l’Algérie, sans parvenir toutefois à concrétiser leur avance par une victoire. Des regrets, mais beaucoup de bonnes choses à retenir pour les Jordaniens, qui sont venus avec la volonté de jouer au football.


Pour l’Ouzbékistan, la marche était bien trop haute. Une envie de bien faire à louer, mais trop de fébrilité à chaque ligne. Trois matchs, trois défaites face au Portugal (5-0), à la Colombie (3-1) et à la République démocratique du Congo (3-1). Les coéquipiers de Khusanov ont encore beaucoup à apprendre.


Tahith Chong fait partie des meilleurs dribbleurs des phases de poules de cette 23e édition de la Coupe du monde de football
Tahith Chong fait partie des meilleurs dribbleurs des phases de poules de cette 23e édition de la Coupe du monde de football

La Blue Wave, surnom du Curaçao, s’est aussi fait sortir de la Coupe du monde dès les phases de poules. Une entrée en lice plus que délicate face à l’Allemagne (défaite 7-1), un autre revers face à la Côte d'Ivoire (2-0), et un match nul face à l’Équateur (0-0) qui ne suffit pas à espérer plus qu’une dernière place dans le groupe E. Une performance qui montre néanmoins que cette équipe est capable de rivaliser avec n’importe qui. Il ne faut pas oublier que, malgré la lourde défaite face aux Allemands, ils ont réussi l’exploit d’égaliser face aux champions du monde 2014 et d’arriver à la mi-temps avec seulement un écart minime (2-1 en faveur de l’Allemagne). Une autre donnée est à retenir pour la sélection entraînée par Dick Advocaat (ex-sélectionneur des Pays-Bas à trois reprises entre 1992 et 1994, puis entre 2002 et 2004, et en 2017) : l’ailier droit de Sheffield United et international curacien depuis 2025, Tahith Chong, est le deuxième joueur qui a réussi le plus de dribbles (11) à l’issue des phases de groupes, avec Julio Enciso (Paraguay) et Lee Kang-in (Corée du Sud), derrière l’attaquant algérien Ibrahim Maza (13).









 
 
 

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