Un sandwich américain chef : comment la Fifa se plie aux USA lors de cette Coupe du monde ?
- Gebril Ferhat
- 26 juin
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
ÉDITO. Amateur, passionné ou simple spectateur de la Coupe du monde 2026, une caractéristique nouvelle des matchs de football ne vous a sans doute pas échappé : les pauses fraîcheur.

Déjà répandus dans le monde du football lors de fortes chaleurs, ces « cooling breaks » permettent d’ajouter une pause d’hydratation dans chaque mi-temps. Cependant, lors de cette Coupe du monde, ils sont systématiques, peu importe les températures. Pause pub supplémentaire ou bien volonté de préserver l’intégrité des joueurs, ils sont au cœur de l’ensemble des débats suscités par l’organisation nord-américaine de cette Coupe du monde.
Tu peux m’enlever de mon sandwich l’intérêt des Américains pour ce mondial steuple ?
Jeudi 11 juin 2026, la Coupe du monde débute dans le majestueux stade Azteca de Mexico, qui a déjà accueilli deux finales de Coupe du monde, l’une remportée par le Brésil de Pelé en 1970, l’autre par l’Argentine de Diego Maradona en 1986, ce qui fait de ce stade l’un des hauts lieux du football dans le monde.
Tout était présent pour faire de ce match d’ouverture un lancement idéal pour cette Coupe du monde : un stade légendaire, un pays qui respire le football, Shakira en cérémonie d’ouverture et un match spectaculaire. Pourtant, la suite ne fut pas aussi étincelante.
Les villes américaines habituées au baseball ou au football américain ne laissent pas beaucoup de place au « soccer » : la preuve, la majorité des rencontres disputées aux États-Unis se jouent dans des enceintes conçues avant tout pour le football américain, souvent situées loin des centres-villes.
De plus, ces centres-villes sont loin de sentir le parfum de ce mondial. Si les supporters des équipes étrangères nous offrent de magnifiques moments, les vidéos montrant des joueurs se promenant tranquillement dans les rues de grandes villes sans qu’aucun ne les reconnaisse prouvent ce manque d’intérêt que les Américains portent au football mondial. Une impression corroborée par un sondage du centre de recherches Pew publié quelques jours avant le début de la compétition : seuls 28 % des adultes américains déclaraient avoir l’intention de suivre le Mondial. À moins que celui-ci ne s’adapte à la sauce américaine.
Rajoute-moi de la sauce américaine chef
Dès ce match d’ouverture, les pauses fraîcheur systématiques ont fait leur apparition, petite pause « hydratation » pour les joueurs, elle se transforme en une nouvelle page de pub pour les téléspectateurs.
À en voir la grille de publicité de M6, co-diffuseur du mondial, les pages de pub les plus chères sont celles des cooling breaks, sûrement dues au fait qu’elles se déroulent en pleine mi-temps et que les téléspectateurs restent devant leur télé pendant ce moment. Elles représentent l’américanisation du mondial, pays de sports publicitaires par excellence.
Si le soccer reste en marge des sports populaires du pays, le football américain et son Super Bowl ne cessent de casser tous les records possibles et inimaginables autour d’un événement sportif. Son concert à la mi-temps est devenu un événement iconique suivi par la Terre entière. Le projet de la Fifa et Gianni Infantino pour la finale de la Coupe du monde semble suivre cette logique de spectacle à l’américaine. À voir maintenant si l’organisation de celle-ci sera chamboulée par ce remake du Super Bowl, au risque d’éclipser les quelques avancées pourtant apportées par ce mondial.
Tu aurais du positif à rajouter par hasard ?
On aurait également pu parler des modalités d’accès aux stades, les prix exorbitants de tout ce qui entoure ce mondial, des visas, des contrôles, des discriminations, ou encore des protocoles liés aux conditions météorologiques. Cependant, ce mondial apporte son lot de positivité qui finalement n’a aucun lien avec les USA.
Les nouvelles règles imposées pour améliorer la fluidité du jeu, comme les sanctions envers les touches, les dégagements ou les changements trop longs, c’est-à-dire les sanctions visant les joueurs qui tardent à effectuer ces actions, restent la plus grande avancée de ce mondial. De quoi faire oublier l’autre grand débat de ce mondial : l’agrandissement à 48 équipes.




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